vendredi 4 mai 2012

Go Ganimède

Antoine Bello nous a déjà réjouit puis déçu, qu’en est-il de son dernier opus ?
Tout d’abord, en fait de dernier opus, il s’agit plutôt d’une édition d’une nouvelle/d’un roman court paru dans un recueil il y a une dizaine d’années.
Nous sommes en 2058, la conquête spatiale a avalé la Lune à la fin du XXème siècle, a digéré Mars et s’attaque à Jupiter. Seulement voilà, la technologie est assez proche de ce qu’elle est de nos jours, et le voyage vers Jupiter va durer plusieurs années, on le sait. Ce vol habité, dont la finalité – l’exploration minière – reste finalement relativement anecdotique, commence donc par la recherche de l’homme parfait, capable de voyager seul dans l’espace pendant plusieurs années sans défaillance. Pour l’avoir expérimenté à la fin du XXème siècle et au début du XXIème, on pourrait imaginer que des robots se chargent de cette mission, mais l’agence spatiale (c’est bien sûr la NASA qui est visée) assure que la présence humaine diminue de façon drastique les risques de pannes.

mardi 3 avril 2012

J'ai déjà donné, les pépés flingueurs

Pour ceux qui ne le connaitraient pas, A.D.G., alias Alain Dreux Gallou, alias Camille, de son vrai nom Alain Fournier, est un romancier et journaliste français décédé en 2004. Il fut l'un des « auteurs-phares » de la Série noire des éditions Gallimard où il reste célèbre pour avoir représenté une sensibilité de droite, voire d'extrême droite dans un mouvement où les sensibilités de gauche, d'extrême gauche ou anarchiste étaient alors largement représentées. Il deviendra même le principal animateur du Front national en Nouvelle-Calédonie. C’est d’ailleurs sur cette ile que se déroule une bonne partie de son roman posthume. Car c’est bien là son dernier raid littéraire, ses dernières saillies drolatiques qu’il nous livre derrière son style inimitable du roi du calembour.

J’avais lu deux de ses romans (« La Nuit des grands chiens malades » et « Pour venger pépère ») il y a une vingtaine d’années et j’avais étais séduit à l’époque par son style proche d’un Audiard où les mots sont tous francisés (les personnages boivent du « ouisquie » et roulent en « béhème »). Qu’en est-il de son dernier roman ?

mercredi 21 mars 2012

Belles-sœurs

Quand j’étais petit, je me souviens de ma grand-mère qui achetait des timbres de Colis Épargne pour s’acheter des assiettes ou du linge de maison. C’est peu ou prou l’histoire que nous présente cette troupe québécoise au Théâtre du Rond-point. Dans les années 60, une mère de famille gagne le gros lot : un million de timbres, de quoi s’acheter tout ce qu’elle souhaite dans le catalogue et ainsi refaire entièrement sa maison. Seulement voilà, on ne colle pas comme ça un million de timbres dans un carnet, alors elle a l’idée d’appeler à l’aide sa fille et ses sœurs et belles-sœurs.

jeudi 9 février 2012

Le Gros, la Vache et le Mainate

Cette institution qu’est le Théâtre du Rond-point a quelque chose de déroutant. Je la fréquente depuis assez peu de temps et pourtant, force est de constater qu’il est assez difficile de se faire une idée précise du spectacle qui va être donné tant la programmation est éclectique, peu de temps à l’affiche et confidentielle. Pourtant, mes quelques visites m’ont toujours comblées, c’est donc avec impatience que je vais voir la pièce intitulée « Le Gros, la Vache et le Mainate ».
Autant te le dire tout de suite, je ne peux pas décrire le contenu de cette pièce sans en divulguer le contenu et donc éventer toutes les ficelles drolatiques. Je peux simplement dire que cette pièce est plus proche de « Y a-t-il un pilote dans l'avion ? » que du célèbre western spaghetti « Le Bon, la Brute et le Truand ».

samedi 21 janvier 2012

Les Liaisons Dangereuses

C’est probablement générationnel, mais quand j’entends « Les Liaisons Dangereuses » je ne pense pas au roman épistolaire écrit par Pierre Choderlos de Laclos et publié en 1782, je ne pense pas non plus au film de Roger Vadim avec Jeanne Moreau et Gérard Philipe (1960), non, je pense à celui de Stephen Frears avec Glenn Close, Michelle Pfeiffer et bien sûr John Malkovich (1988). Alors quand j’ai vu qu’une pièce « Les Liaisons Dangereuses » était montée à Paris et mise en scène par John Malkovich, j’étais déjà conquis. Quelques recherches m’indiquent une mise en scène dépoussiérée, alors j’ai hâte de voir le résultat.

vendredi 13 janvier 2012

Anaisthêsia, délit de faciès ?

Désiré Saint-Pierre est un flic noir dans un commissariat blanc, vit dans une cité où aucun blanc n’aime mettre les pieds et est très en vue pour être l’icône de l’intégration en étant projeté sur le devant de la scène sur le dossier d’une serial killeuse blanche.

Bon d’accord, c’est simpliste, d’autant que Désiré à eu un grave accident de voiture qui l’a laissé défiguré, certes, mais surtout totalement insensible à la douleur, ce qui ajoute encore à la caricature en noir et blanc d'Antoine Chainas.
Pourtant, la lecture d'Anaisthêsia, roman très noir, réserve quelques surprises. Les premières pages nous arrivent en pleine tronche sans aucun repère temporel ou géographique. Le narrateur débite des phrases d’une froideur clinique qui listent des points de règlement appartenant vraisemblablement à la médecine légale à tel point que j’ai cru pendant quelques pages qu’il s’agissait d’un roman d’anticipation (et je l’ai même terminé sans vraiment avoir la certitude que ce n’est pas le cas), tout comme je ne sais toujours pas dans quelle ville l’action se situe (voire même dans quel pays) !

mardi 3 janvier 2012

Lune Sanglante, j’ai rendez-vous avec la lune

Après une première expérience avec « le Dahlia Noir », j’étais impatient de m’attaquer à la « Lune Sanglante », mon deuxième James Ellroy. D’emblée, on retrouve le style nerveux et précis du précédent opus, mais avec encore plus de noirceur et de violence. Les premiers chapitres, parfois à la limite du supportable, s’enchainent comme un ensemble de nouvelles qui me laissent sur ma faim. Où veut-il en venir ? Dans quel méandre de la noirceur de sa folie créatrice veut-il nous emmener ?

jeudi 22 décembre 2011

El Tiempo todo entero : Le Temps tout entier

Je suis sur un petit nuage, une éclaircie dans ma vie, une rencontre merveilleuse, LA rencontre. Une de nos premières sorties, une pièce de théâtre donnée au Théâtre du Rond-Point au titre mystérieux pour moi qui ne suis pas hispanisant : El Tiempo todo entero, Le Temps tout entier. Tout un programme. Librement inspirée d’une pièce de Tennessee Williams, la pièce nous narre l’histoire d’une petite lâcheté d’un frère qui n’ose pas dire à sa sœur qu’il va quitter l’Argentine pour tenter sa chance en Espagne, d’une mère indépendante qui aspire à vivre sa vie, le tout vu à travers les yeux d’une sœur qui ne comprend pas pourquoi les gens travaillent, sortent, gèrent leur temps.

mardi 22 novembre 2011

Du domaine des murmures, retour chez les visiteurs

Le premier roman de Carole Martinez que j’ai lu est « Le Cœur Cousu », un remarquable roman métaphysique sur l’art de réparer les choses qu’on croit irrémédiablement détruite. Alors quand j’ai vu la nouvelle mouture de l’auteur, je n’ai pas hésité et je me suis mis tout de suite à la lecture de « Du domaine des murmures ».

De prime abord, j’ai été quelque peu déstabilisé par le sujet, au XIIème siècle, Esclarmonde, une jeune fille de 15 ans issue de la petite noblesse bourguignonne, préfère vivre emmurée pour se consacrer à Dieu plutôt que d’épouser Lothaire, un jeune homme qui a tout pour plaire (eut égard aux valeurs de l’époque), mais qui n’est à ses yeux qu’une brute épaisse. Ce sacrifice aura des répercutions inattendues et lui fera vivre une vie remplie, probablement bien plus remplie que ses contemporaines.

mardi 8 novembre 2011

L'Armée Furieuse, bien le bonjour de Fred

Je pense pouvoir me venter d’avoir lu tous les romans de Fred Vargas. J’ai suivi ses héros récurrents au fil d’aventures plus ou moins haletantes, mais force est de constater que l’imagination de l’auteur a eu raison de mon appétit de polars. Les deux derniers opus, même s’ils ont été probablement de grands succès en librairie m’ont laissé sur ma fin : trop longs, trop tirés par les cheveux, c’est Adamsberg chez les pieds nickelés ou Adamsberg contre les vampires. Alors forcément, quand j’ai vu son dernier roman dans les bacs de mon libraire préféré, "L'Armée Furieuse", j’ai hésité. Mais bon, je lui laisse encore une chance. Et j’ai bien fait !